La délinquance appartient à l'ensemble des déviances. Toutes deux sont définies par rapport à des normes sociales, la délinquance comprenant spécifiquement les infractions à des normes juridiques, à dominante pénale.
Quantitativement, la délinquance - ou criminalité - est l'ensemble des délits et des crimes commis dans une société donnée.
Il faut alors au moins distinguer, parce que les contours en sont différents :
- l'ensemble des infractions commises ou délinquance réelle,
- l'ensemble des infractions non enregistrées ou délinquance cachée,
- l'ensemble des infractions connues ou délinquance apparente,
- l'ensemble des infractions condamnées ou délinquance sanctionnée.
Qualitativement, la délinquance peut être comprise (perspective interactionniste) comme un ensemble de confrontations sociales complexes mettant aux prises : des acteurs qui édictent des normes juridiques (instances de définition et groupes de pression), des acteurs qui les transgressent (enregistrés comme délinquants) et des acteurs qui les poursuivent et réagissent à ces transgressions de façon informelle (victimes, témoins, voisinage) et formelle (système pénal).
Dans ce processus, les médias, les préjugés et les stéréotypes, les craintes et les sentiments d'insécurité, jouent un rôle important (représentations et amplification de la délinquance).
Enfin, les typologies de la délinquance sont variées, notamment :
- dans une perspective évolutive : délinquance occasionnelle, de transition, de carrière ;
- selon les cibles visées : délinquance de profit, acquisitive (vols) et économique (délits d'affaires ou des "cols blancs") ; délinquance d'intimidation et de violence contre les personnes ; délinquance "hédoniste" (jeux, drogues, sexe) ;
- selon son degré d'organisation : délinquance organisée, par opposition à non professionnelle, non systématique, etc.
La loi fédérale régissant la condition pénale des mineurs (Droit pénal des mineurs, DPMin), entrée en vigueur le 1er janvier 2007, est conçue comme un ensemble de normes centrées sur la personne des auteurs :
l'éventail des peines encourues est davantage axé sur les besoins d'ordre éducatif et thérapeutique du délinquant mineur que sur la gravité de son acte et sa culpabilité. Bien qu'il mette l'accent, à juste titre, sur l'idée de prévention, le droit pénal des mineurs n'en prévoit pas moins des sanctions sévère s:
-ainsi, le jeune qui commet une infraction grave est passible d'une peine privative de liberté de quatre ans au plus s'il avait 16 ans révolus au moment de l'infraction (art. 25 DPMin) ;
- même si le mineur commet une infraction de moindre gravité, l'autorité de jugement peut ordonner, à titre de mesure éducative ou thérapeutique, le placement du jeune dans un établissement fermé si son état représente une grave menace pour des tiers et que cette mesure est nécessaire pour les protéger (art. 15 DPMin).
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